Des hommes observent un drone de l'armée israélienne et une colonne de fumée à Zaoutar el-Gharbiyé, au Liban-Sud, le 22 septembre 2026. Photo Reuters
Israel Aerospace Industries (IAI) a présenté lundi au salon de défense AUSA 2026 à Washington HawkGuard, un nouveau système de protection contre les drones d’attaque. L'annonce a été faite dans la foulée de nombreuses autres similaires au cours des derniers mois, alors que le Hezbollah avait fait des dégâts importants dans les rangs israéliens avec ses drones kamikazes. Depuis samedi, l'armée israélienne a déclenché à deux reprises des alertes suite à des infiltrations présumées d'engins aériens à sa frontière nord.
Le principe de HawkGuard : lancer des drones intercepteurs qui neutralisent leur cible par collision directe, sans tête explosive, rapportent plusieurs médias israéliens. Destiné notamment à protéger les véhicules blindés, les forces en mouvement et les infrastructures stratégiques, le dispositif peut, selon son fabricant, faire face à plusieurs « menaces » avec une capacité d’interception à faible coût. IAI est le principal fabriquant israélien de systèmes aériens et aéronautiques, et il est majoritairement détenue par l’État.
Le nouveau système de cette entreprise associe un radar, des capteurs électro-optiques et un dispositif de commandement et de contrôle fondé sur l’intelligence artificielle. Ces équipements permettent de détecter les menaces aériennes, de les suivre et de déclencher leur interception. Selon la société, HawkGuard peut traiter plusieurs menaces simultanément. Elle met également en avant son coût : chaque interception serait très peu onéreuse par rapport à d’autres solutions. IAI n’a pas précisé si le dispositif est déjà entré en service opérationnel ou s'il avait été acheté par une armée.
Cette présentation s’inscrit dans les efforts israéliens en vue de contrer les drones à fibre optique du Hezbollah, dont l’utilisation au Liban-Sud a mis à l’épreuve les défenses de l’armée. Reliés à leur opérateur par un câble, ces appareils résistent au brouillage électronique conventionnel. Depuis plusieurs mois, Israël explore différentes réponses, allant des drones équipés de filets aux systèmes laser, en passant par des radars utilisant l’intelligence artificielle.
Au cours des derniers jours, l’armée israélienne a fait état de plusieurs détections aériennes et tirs d’intercepteurs au-dessus du Liban-Sud, reconnaissant certaines fausses alertes. L’objet volant qui avait déclenché les sirènes samedi à Arab el-Aramché près de la frontière libanaise était ainsi « très probablement un objet ressemblant à un ballon ou un dispositif flottant à l’air chaud », selon ses conclusions publiées mardi. « À ce stade, il n’est pas possible de déterminer avec certitude son origine ou sa fonction », a-t-elle précisé, tout en excluant qu’il s’agisse d’un drone.
Au Liban-Sud entre-temps, les attaques israéliennes se poursuivent, principalement dans la zone de plus de 600 km² occupée par l’État hébreu. La nuit de lundi à mardi a été relativement calme, malgré plusieurs bombardements à l’artillerie ciblant les abords de Baraachit et le secteur d’el-Ariche, à la périphérie de Hariss, dans le caza de Bint Jbeil, ainsi que les environs de Mayfadoun, dans celui de Nabatiyé, et Wadi Zebqine, dans celui de Tyr, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.
